« Je est un autre. » (Arthur Rimbaud)
Je crois en l’importance du cheminement personnel car je suis une personne au même titre que les autres. J’ai donc le droit et le devoir de veiller à ce que je suis devienne une réalité dans l’existence. Il serait dommage de cacher ce que nous sommes derrière le service des autres.
Je perçois aussi les limites du développement personnel dans une société déjà trés individualiste : prioriser le « moi d’abord » avant de songer aux autres risque, paradoxalement, de nous transformer en outils au service d’un système de plus en plus atomisé, voire égoïste.
C’est pourquoi, je préfère la dimension interpersonnelle. je suis convaincu qu’une part d’autrui réside en chacun de nous : il n’y a pas de hiérarchie entre soi et l’autre.
Vous connaissez sûrement ces expressions : « Aime ton prochain comme toi-même. » ou encore : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. ». L’un comme l’autre sont sur le même plan d’égalité. Nous sommes indissociables l’un de l’autre. Pour mon propre développement personnel je n’ai pas à m’éloigner de l’autre. Pour servir les autres, je n’ai pas à m’éloigner de moi.
Le développement interpersonnel est la voie du milieu. Il s’agit de considérer qu’il y a moi et l’autre et ce qui se passe entre nous deux. Ce développement intégral apparaît alors comme le mouvement simple de la vie qui fait la rencontre des uns et des autres.
Et je crois que c’est ce dont notre monde a besoin aujourd’hui: travailler sur la relation à l’autre constitutif de mon propre monde. C’est en ce sens qu’évolue aujourd’hui mon travail en cabinet, en particulier en veillant à ce que tout travail thérapeutique se fasse en relation avec l’autre.
Le développement interpersonnel devient alors une résistance à la solitude subie par tant d’entre nous.
Jean-Luc Kerdraon
